Partager l'article ! Istanbul a vécu aujourd'hui un 1er mai sans précédent: C'est la première fois depuis 33 ans que la place de Taksim à Istanb ...
C'est la première fois depuis 33 ans que la place de Taksim à Istanbul était ouverte aujourd'hui aux célébrations de la Fête du Travail qui, depuis l'année dernière, est à nouveau considérée comme un jour férié en Turquie.

La place de Taksim à Istanbul, peu avant midi
En effet, depuis le 1er mai 1977, date tragique, gravée dans l'histoire, et à laquelle 34 personnes ont perdu la vie après le mouvement de panique qui a suivi des coups de feu, tout rassemblement est interdit.
Malgré cette interdiction - ou peut-être à cause d'elle - des manifestations ont continué à être organisées chaque année, donnant lieu à des affrontements souvent très violents entre forces de police et manifestants.

Beaucoup de manifestants ont voulu se souvenir des événements tragiques du 1er mai 1977

Si le 1er mai 2009 avait un goût de gaz lacrymogène prononcé, celui de 2010 aura, pour la première fois, un goût... presque de fête populaire !

Une fête en Turquie sans musique n'est pas une fête, la musique était au
rendez-vous aujourd'hui
Les services de sécurité étatiques ainsi que DISK, la confédération des syndicats des travailleurs ont oeuvré ensemble pour que cette journée soit une réussite... et elle l'a assurément été.

Les fanions et banderoles à l'effigie de DİSK sont omniprésents

Contrairement aux années précédentes, les casques de
police... étaient au repos aujourd'hui
De bon matin, avant le début officiel de la célébration qui débute à 10 h, la police, après avoir mis en place des centaines de barrières de sécurité la veille ainsi que durant la nuit, ajoute la touche finale.

Avant d'accéder sur la place de Taksim, il faut montrer patte blanche
Des détecteurs de métaux ont fleuri aux lieux d'accès principaux menant à Taksim, pendant que des brigades spécialisées procèdent au contrôle de nombreux lieux publics, tels arrêts de bus, podium et tribune prévus pour les discours... etc.
Fête du Travail ou pas, les turcs n'oublient pas leur sens légendaire du commerce. Après avoir basculé quelques chariots par-dessus les barrières, ceux-ci vont être remplis de bouteilles d'eau vendues autour de la place ainsi que sur la route des cortèges.

Les marchands de simit ne sont pas au repos aujourd'hui et se faufilent avec dextérité au milieu de la foule...

... pendant que des marchands d'un jour proposent casquettes en papier, bandanas et colliers tressés pour marquer son identité.

Un marchand kurde
Le spectacle est permanent et l'on affiche sa différence, son originalité...

Une tenue quelque peu particulière..... avec une radio à la main !
Des centaines de groupes aux noms des partis, syndicats et associations les plus divers et variés convergent vers Taksim, munis de pancartes et d'affiches de toutes dimensions.

Ce groupe de soixante-huitards sera un des premiers sur la place de Taksim
L'interminable avenue qui part de Mecediyeköy pour joindre Taksim ne désemplit pas et arbore des couleurs vives pour l'occasion.

Il en est de même pour la montée de Şişhane à Taksim...

L'ambiance est bon enfant et manifester n'empêche pas de vaquer à ses occupations favorites pour autant...

Rien ne vaut un simit bien croustillant pour tenir le coup !

Jamais sans mon ordinateur, même le 1er mai

Le barbier de Séville ... ou plutôt d'Istanbul
On peut aussi manifester avec ferveur en chantant...

Dites-le avec des fleurs....
... mais également en dansant ...

Un 1er mai avec de la musique des quatre coins du pays, c'est nettement mieux !

Davul (tambour) et zurna (flûte) de Sinop au programme des réjouissances
Midi passé, la foule continue à affluer à Taksim.

Du haut
du bus d'un des syndicats organisateurs...
Petits et grands, jeunes et vieux participent à cette fête du 1er mai. On vient en famille, parfois en poussette... mais aussi en fauteuil roulant... chacun ayant quelque chose à revendiquer...

Il n'y a pas d'âge pour manifester
Les syndicats professionnels sont évidemment les plus nombreux et les mieux représentés.

La Chambre des pharmaciens d'Istanbul
Des dentistes aux transporteurs routiers, des pharmaciens aux mineurs jusqu'aux associations de consommateurs, tout le monde est là.

De Gebze et même de la lointaine Konya, les représentants des transporteurs routiers sont à Istanbul

Les mineurs
de charbon de Kütahya ont envoyé leurs représentants
De nombreuses personnalités du monde du spectacle participent également au défilé, de même que certains groupes de travailleurs qui oeuvrent dans le milieu.

Les travailleurs du festival international du film
Le fondateur de la République turque n'est pas oublié pour autant et l'association de pensée d'Atatürk affiche sa présence.

Le 1er mai 2010 aura permis aux 150 000 participants - selon les services de sécurité - de vivre des heures fortes, dans une ambiance sereine, voire festive, grâce à une organisation quasiment sans faille.

Présents... mais au repos,
contrairement à l'an passé notamment
Deux accrochages seulement - de courte durée - sont à déplorer, l'un tôt le matin à Mecediyeköy entre deux groupes opposants (17 gardes à vue suite à cet incident) , l'autre à Taksim où une échauffourée autour du podium a conduit quelques personnes à se protéger à l'intérieur du Centre Culturel Atatürk.

La journée a sans doute été bien longue pour les services de sécurité
Je dois avouer que j'étais à cent lieux de m'imaginer que cette journée se déroulerait de la sorte compte-tenu des heures mouvementées vécues à pareille date l'an passé, jusque dans ma rue.
Le monument de la République de Taksim assailli par des jeunes manifestants
Parmi les slogans les plus visibles aujourd'hui, celui-ci "Que vive le 1er mai !"

Celui de 2010 a vécu ses heures de gloire et démontré qu'une manifestation de cette ampleur, autorisée par les pouvoirs publics, peut se dérouler dans de biens meilleures conditions que du temps de son interdiction...